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Histoire vraie d’un orphelin du Congo

« Je m’appelle Bienvenue, je suis né il y a environ 11 ans à Brazzaville au Congo, enfin je crois.

Je me souviens quelques visages, qui m’ont donné du pain et un recoin pour dormir quand je ne le trouvais pas moi-même, jusqu’au jour où j’ai été déposé devant la modeste demeure de ma bienfaitrice, Sœur Virginie.

A partir de ce jour, mes journées deviennent d’une douce monotonie, mais c’est tellement rassurant. On se lève aux aurores pour attraper le bus de l’école, on apprend la vie en communauté, la discipline, à faire notre  lit… Puisque désormais, j’en ai un à moi.

Parmi mes petits voisins de chambrée, je fais la connaissance de Rodrigue, celui deviendra mon frère de sang. Il est frêle et plus jeune que moi, il a été touché plusieurs fois par des maladies qu’ils l’ont affaiblies, mais je me suis juré de toujours le protéger.

Au départ, nous sommes trop jeunes pour réaliser à quel point l’aide de Sœur Virginie nous est précieuse, à quel point elle y met tout son cœur et toute son âme, à quel point nous lui devons tout.
Mais nous grandissons, et elle, elle vieilli et s’épuise. Elle ne manque jamais de gagner l’argent avec les produits frais qu’elle revend au marché. Ne gardant que le strict minimum pour elle-même, elle nous élève comme ses propres enfants à tel point qu’in en fini par oublier que nous sommes les orphelins du Congo…

Régulièrement, de personnes et associations nous viennent en aide, en nous apportant des vêtements, des fournitures scolaires, et de la nourriture. Mais l’un d’entre eux m’a particulièrement marqué : un français du nom de jean Marc Henry.

Je me rappelle de ce matin sec où Sœur Virginie nous a réunis pour nous annoncer : « demain, c’est un homme d’affaire qui nous rend visite. Il parait même qu’il travaille avec notre Président Denis Sassou N Guesso. Son métier, c’est le pétrole, mais ce qu’il aime, c’est apporter son aide et la paix en Afrique. » Mon cher Rodrigue réagit comme à son habitude, il a peur, et il sème la panique parmi nous. « Je ne veux pas aller travailler dans les puits de pétrole !! »  Se met-il à hurler. Qu’est-ce que ce Jean Marc Henry, roi du pétrole, du business international et défenseur de la Paix, peut bien nous vouloir à nous, orphelins du Congo que nous sommes ? Vient-il conclure une transaction douteuse ?

Le lendemain, nous avons revêtus nos plus beaux vêtements et nous l’attendons de pied ferme. Aucun d’entre nous n’ira travailler dans les puits de pétrole, et s’il faut nous nous battrons !! La tension monte et même les plus jeunes sont attentifs. Pourtant, Sœur Virginie est resplendissante semble paisible. Le monsieur arrive dans une grosse voiture noire, et elle l’accueille tout sourire en lui serrant les deux mains.  Puis chacun reprend progressivement ses occupations, l’homme fait le tour de notre orphelinat, je le vois discuter longuement avec Sœur Virginie.  Il est d’un calme incroyable avec nous, même s’il fume beaucoup et que son téléphone sonne sans cesse.  Il s’adresse à nous comme s’il n’était pas  un étranger. Finalement, je pense que personne ne sera forcé de travailler dans les puits de pétrole. Ma surprise arrive à son apogée lorsqu’il s’adresse à mon ami Rodrigue : « et ça te plait l’école ? » Question à laquelle il  lui répond sans même une hésitation : « Oui m’sieur, mais je suis pas très fort pour compter ».

A la fin de la journée, nous mangeons tous ensemble. Les plats sont livrés par des hommes qui débarquent d’un camion blanc à la tombée de la nuit. Le repas est incroyable, comme nous n’en avons pas eu depuis longtemps !!  Je les entends parler, avec sœur Virginie, de RIB, de banque, et d’un versement de 40 millions de francs pour l’orphelinat ne manque de rien dans le futur. Je comprends alors qu’il y aura d’autres repas comme celui-ci, que le bus qui nous amène à l’école sera toujours présent et que nous aurons de nouveaux vêtements….  A la suite de cela,  Jean Marc Henry disparait, sous les nombreux remerciements de Sœur Virginie, escorté par plusieurs d’entre nous jusqu’à sa grosse voiture noire.

Quelques semaines plus tard, des cartons arrivent, chargés de choses utiles que Sœur Virginie ne pouvait pas toujours nous acheter avec ses petits moyens. Tout le monde était heureux. Le bus de l’école n’a plus oublié personne. Nous avons mangé à notre faim. Et surtout,  Sœur Virginie est devenue sereine….

Je suis fier d’avoir été en âge de  comprendre l’importance de cette chose qu’il a faite pour nous, ce Jean marc Henry. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il n’est pas revenu voir le résultat de son geste. Rodrigue m’a dit que «l’important c’est le roi du pétrole soit venu et que maintenant il est bon en maths. Pour ma part, j’espère le revoir un jour, peut être que finalement j’irai travailler dans les affaire pétrolières si on m’en donne la chance.

Bienvenue. »

Jean Marc Henry

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